Vacarme en réunion
Iceberg Submersif – Dissidences Cannibales
Je taaaaaagueeeee – Jacques Martin

 

Récit du DRMCC (Le département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines ! )

LE « TAGGAGE » DE LA STATION DE MÉTRO LOUVRE

Le 18 janvier 1992, vers deux heures du matin, dans le neuvième arrondissement de Paris, des policiers interpellaient trois individus qui venaient de dégrader des devantures de commerces et des murs d’immeuble. Les intéressés étaient porteurs d’une vingtaine de bombes de peinture (de qualité identique à celles des bombes utilisées pour le « taggage » de la station Louvre), mais aussi d’une clé de la RATP permettant l’ouverture des portes des stations de métro.

Les dégradations réalisées ce jour là correspondaient en tous points à celles perpétrées dans la nuit du 10 au 11 janvier. Les enquêteurs découvraient peu après plusieurs cahiers et photographies de « tags » ainsi que des coupures de presse concernant l’affaire de la station « Louvre ».

Deux des trois individus reconnaissaient leur participation directe aux dégradations de la station Louvre sous les signatures de « EKSAY » et « ABUSE ». Ils expliquaient que le 11 janvier 1992, vers trois heures, ils s’étaient introduits dans la station Louvre au moyen d’une fausse clé RATP, en compagnie de deux autres taggers surnommés « CRI » et « DYS ».

Pendant que ces derniers tagguaient les couloirs d’accès, « EKSAY » et « ABUSE » opéraient sur les quais de la station. L’opération avait duré environ quarante cinq minutes.

« EKSAY » et « ABUSE » étaient déférés au au juge d’instruction, tandis que les autres taggeurs étaient interpellés dans les semaines suivantes (six personnes au total).

Tous appartenaient à une bande de taggueurs, les C.M.P. (« Comité de la Mafia Parisienne » ou aussi « Cool Ma Poule »), forte d’environ une vingtaine de membres environ.

Le 20 janvier, dans un article publié par le le « Parisien Libéré », le chef des C.M.P., surnommé « ROST », précisait que « EKSAY » et « ABUSE », nouveaux venus dans la bande, avaient voulu faire leurs preuves en organisant une « opération commando ». Il ajoutait que si ce type d’action inspirait le respect des autres bandes de taggueurs, des règles précises régissaient la vie des C.M.P., excluant violence et drogue. En revanche, la finalité première de la bande était un défi permanent qui entraînait chez certains membres une prise de risque maximum (lieu de « taggage », présence policière, vitesse d’exécution, impact sur les médias, etc….).

Le lendemain (nuit du 11 au 12 janvier 1992), en réponse aux C.M.P., un autre groupe de « taggeurs », les T.A.P. (« Toujours aussi Puissants » [ou Tous -ou Toujours- au Pouvoir]) dégradaient trois autres stations de métro (Solférino, Assemblée Nationale et Rue du Bac).

Dans la nuit du 30 avril au premier mai 1991, des dégradations importantes avaient déjà été commises dans la station de métro Louvre, sans avoir de réel impact. Si l’action des CMP a été très médiatisée, elle le doit certes au choix du lieu de « taggage », mais surtout à l’importance en nombre des « fresques » et des « Wild Style » (signatures personnalisées).

8-7a524Le récit de Reck qui raconte la nuit de Mai 92 où il tagua la station Hotel de ville…

35Et le Journal Télévisé du lendemain… On remarque à quel point le ton n’a rien à voir avec celui qu’on connaît aujourd’hui à la télé !

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