Vacarme en réunion
Iceberg Submersif – Dissidences Cannibales
Effacer et Punir

Entretien avec Nicolas Mensch

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Extrait de « L’art transgressif du graffiti. Pratique et contrôle social« 

En France, au début des années 1990, en réponse à l’expansion du graffiti hip-hop dans le métro parisien, les législateurs ont proposé des mesures coercitives (Véron, 1996). En 1994, l’article 322 du code pénal a fixé à 5 ans de prison ferme et à 500 000 francs d’amende (75 000 euros) les peines encourues pour ce type de délit. Le verdict prononcé à l’encontre de Mathieu, interpellé alors qu’il taguait, révèle plus concrètement quelles dispositions pénales peuvent être mise en œuvre. Après avoir effectué quarante huit heures de garde-à-vue, pour avoir tracé quatre tags, il a été jugé en comparution immédiate. Le procureur a requis huit mois de prison ferme à son encontre. Le juge l’a condamné à six mois de prison avec sursis, assortis de trois ans de mise à l’épreuve, ainsi qu’à deux cent dix heures de travaux d’intérêt général. Il a dû indemniser ses victimes pour un total de neuf cent euros. Le procès constitue le rappel à l’ordre du transgresseur : « Au cours de ce face-à-face, les défenseurs de la loi cherchent à arracher l’auteur de la transgression à la tentation d’une diffusion intempestive et à épargner ainsi à la société les effets de dispersion du geste. » (Hatzfeld, 2011 : 91-92).

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