Vacarme en réunion
Iceberg Submersif – Dissidences Cannibales
#49 Down in Mexico

Le 15 mai, Javier Valdez Caldenas s’est fait assassiné au Mexique parce qu’il luttait contre le narcotrafic. C’est le 16e journaliste assassiné cette année.
Depuis 2006 et le début de la « guerre au narco », 120 000 personnes ont été assassiné en toute impunité.

Nous essayons de défricher la situation pour comprendre quelle est la place du narcotrafic au Mexique, et quel est son lien avec l’État mexicain.

Puis nous parlons des résistances indigènes, des polices communautaires mises en place pour se protéger des flics mexicains et des narcotrafiquants, et de l’autonomie qui se construit au Chiapas.

Ce week-end au Chiapas, l’assemblée du Congrès National Indigène au Mexique, accueillie par l’EZLN, devait constituer le Conseil Indigène de Gouvernement et nommer la candidate indigène qui participera aux élections présidentielles de 2018.

 

Téléchargement : #49 Down in Mexico

 

Sources et matériaux

Extrait du communiqué du CNI d’octobre 2016 intitulé « Que tremble la terre jusque dans ses entrailles »

« C’est ainsi que nous nous sommes réunis pour célébrer la vie durant le Cinquième Congrès National Indigène qui a eu lieu du 9 au 14 octobre 2016 au CIDECI-UNITIERRA, Chiapas, là oùencore une fois nous nous rendons compte de l’aggravation de la spoliation et de la répression qui n’ont pas cessées depuis 524 années quand les puissants ont initié une guerre ayant pour but d’exterminer ceux qui sommes de la terre et qui, étant ses enfants, n’avons pas permis sa destruction et sa mort au profit de l’ambition capitaliste qui ne connaît pas de but autre que cette même destruction. La résistance pour continuer à construire la vie, aujourd’hui se fait parole, apprentissage et accords.

Dans nos villages nous nous construisons chaque jour dans les résistances pour bloquer la tempête et l’offensive capitaliste qui ne cesse pas, mais devient au contraire chaque jour plus agressive et s’est convertie en une menace civilisationnelle, non seulement pour les peuples indigènes et paysans, mais aussi pour les peuples des villes qui doivent eux aussi créer des formes dignes et rebelles pour ne pas être assassinés, spoliés, contaminés, rendus malades, réduits en esclavage, séquestrés ou victimes de disparition forcée. Depuis nos assemblées communautaires nous avons décidé, expérimenté et construit nos destins depuis des temps immémoriaux, et c’est en ça que maintenir nos formes d’organisation et de défense de notre vie collective n’est pas possible autrement que par la rébellion face aux mauvais gouvernements, leurs entreprises et leur crime organisé.

Au vu de tout ce qui a été dit précédemment, nous nous déclarons en assemblée permanente et nous consulterons chacune de nos géographies, de nos territoires et de nos cheminements au sujet de l’accord pris par ce cinquième CNI de nommer un conseil indigène de gouvernement dont la parole sera matérialisée par une femme indigène, déléguée du CNI en tant que candidate indépendante qui se présentera au nom du Congrès National Indigène et de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale durant le processus électoral de l’année 2018 pour la présidence de ce pays.

Nous ratifions que notre lutte n’est pas pour le pouvoir, nous ne le cherchons pas; mais nous en appellerons aux peuples originaires et à la société civile pour nous organiser afin d’arrêter cette destruction, etnous renforcer dans nos résistances et rébellions, c’est-à-dire dans la défense de la vie de chaque personne, famille, collectif, communauté ou quartier.A construire la paix et la justice, en retissant nos fils depuis le bas, depuis là où nous sommes ce que nous sommes.

C’est le temps de la dignité rebelle, le temps de construire une nouvelle nation pour et par toutes et tous, de renforcer le pouvoir d’en-bas et de gauche anticapitaliste, le temps quepayent les coupables pour la douleur des peuples de ce Mexique multicolore. »

 

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